MĂ©tamorphose đŠ
- petitetoiles
- 20 sept. 2025
- 8 min de lecture
Un long article qui vous propose la vision derriÚre ma nouvelle collection "Métamorphose", une histoire de douleur, perte de sens, difficulté et renouveau. Je suis partie dans une direction pour finalement emprunter un autre chemin, plein de vulnérabilité et de partage, j'éspÚre que mes mots sauront vous encourager.

La crĂ©ativitĂ© est mon moteur, depuis petite je me suis rendu compte que crĂ©er (sous toutes ses forme) Ă©tait ce qui m'apportait le plus de joie, qui me rĂ©confortait lors de moment difficile et qui donnait un but Ă ma vie. Etre nĂ©e pour crĂ©er, cela me semblait une Ă©vidence. Petite je me comparait souvent Ă ma soeur qui avait un grand talent en piano, je la voyais comme un gĂ©nie et moi, contrairement Ă elle, je n'arrivais pas Ă me concentrer sur une pratique en particulier car j'aimais faire diffĂ©rentes choses et surtout je manquais beaucoup de confiance en moi. J'aimais beaucoup faire de la danse classique au conservatoire, mais les remarques de certains professeurs, la peur de ne pas ĂȘtre assez bien m'empĂȘchaient de profiter pleinement de cette activitĂ©. Ce que j'aimais le plus c'Ă©tait ĂȘtre Ă la maison et faire des activitĂ©s crĂ©ative avec ma maman, des copines ou mĂȘme de la pĂątisserie toute seule. Tricot, couture et patchwork, point de croix, poterie, mosaĂŻque... On a a peut prĂšs tout tester, et tous les mercredis je faisais un gĂąteaux.
Lors de mes Ă©tudes d'infirmiĂšre je commençais peut Ă peut Ă dĂ©pĂ©rir, entre les cours denses et fouillis (je suis arrivĂ© l'annĂ©e de la rĂ©forme, c'Ă©tait n'importe quoi), les stages Ă la limite de la maltraitance, je vivais dans l'angoisse, l'apathie. Jâavais, juste avant ,fait une annĂ©e d'Ă©cole d'arts dramatiques le fossĂ© Ă©tait grand. Je faisais partie d'une superbe chorale de gospel et l'on faisait beaucoup de concert mais cela ne me suffisait pas. J'ai alors continuĂ© mes petites crĂ©ations en couture: crĂ©er des vĂȘtements, des accessoires, des cadeaux, pour les partager sur mon blog. J'ai commencĂ© Ă crĂ©er des tenues d'inspiration vintage et chercher des lieux sur Paris pour prendre des photos, aller dans des salons crĂ©atifs et partager tout cela sur mon blog. Câest devenue ma bouĂ©e de crĂ©ativitĂ©, une bulle d'air vraiment nĂ©cessaire durant mes Ă©tudes. J'en parle en vidĂ©o juste ici
Aujourd'hui le monde et les rĂ©seaux sociaux on complĂštement changĂ©s et Ă©voluĂ©s, tout change tellement vite parfois on a mĂȘme du mal Ă suivre. Je me souviens en 2022 j'ai eu comme un ras-le-bol. J'Ă©tais Ă ce moment lĂ entrepreneur depuis 2 ans, et entre youtube, la boutique en ligne, les comptes instagram, il fallait encore ouvrir un compte tiktok car c'est lĂ -bas que tous le monde Ă©tait, j'en ai eu marre de toujours faire plus pour peu de rĂ©sultat. S'Ă©parpiller sur les rĂ©seaux sur lesquel il faut ĂȘtre trĂšs ciblĂ© sur "une niche" (=un sujet, un thĂšme abordĂ©) cela ne colle pas Ă ma personnalitĂ©. J'ai essayĂ© mais jamais rĂ©ussi, au bout de quelques mois je m'ennuie, j'ai besoin de passer Ă autre chose, me renouveler, besoin de changement...
Etre passionnĂ©e et intĂ©ressĂ©e par tellement de choses, vouloir le partager sur diffĂ©rents moyens de communication, l'exprimer de maniĂšre artistique par la vidĂ©o, la photo, la peinture, mais sentir qu'il faut rentrer dans une case. ArrĂȘter de butiner Ă droite Ă gauche telle une abeille et se rĂ©sponsabiliser et se concentrer pour rĂ©ussir, cela crĂ©e une ambivalance, un conflit intĂ©rieur. Alors quand j'ai essayĂ© d'ĂȘtre plus « moi », montrer mon univers, me diversifier⊠J'ai eu l'impression que cela ne plaisait pas, d'ĂȘtre sans arrĂȘt critiquĂ©... Sentiment d'Ă©chec.
Mais ce que ces personnes ne savent pas c'est que je ne pouvais pas continuer comme avant, c'était impossible pour moi.
En 2022 mes symptĂŽmes de maladie chronique se sont vraiment aggravĂ©s. Tous les jours des douleurs, de la fatigue chronique, pleins de symptĂŽmes dĂ©sagrĂ©ables, une incapacitĂ© Ă avoir une "journĂ©e normale", des examens mĂ©dicaux de l'horreur... Je suis passĂ© par une procĂ©dure avec des traitements injectables qui m'ont fait prendre une quinzaine de kilos trĂšs rapidement, et jusque l'annĂ©e suivante tout Ă vraiment empirĂ© au point d'ĂȘtre en Ă©puisement totale et en dĂ©pression sĂ©vĂšre. Etant infirmiĂšre de mĂ©tier et naturopathe de formation j'avais de nombreuses connaissances par rapport Ă tous ça, j'ai essayĂ©e de me soigner et d'aller mieux mais rien ne fonctionnait. Rien de plus frustrant que de manger sainement, se limiter et rester en surpoids, rien de plus frustrant que de se forcer Ă aller marcher (toute autre forme d'exercice physique est impossible) et de rentrer tellement Ă©puisĂ©e que l'on s'endort par terre (chemin que je faisais en courant par le passĂ©), rien de plus frustrant que de perdre presque tous ses amis car ils ne comprennent plus la personne que tu es, rien de plus frustrant que de te faire juger sur ton physique par ton entourage. Finalement je l'ai bien compris dans le couloir des urgences de l'hĂŽpital un soir de dĂ©cembre on se retrouve seul face Ă la mort. Une solitude tellement forte que sans Dieu, je ne sais pas comment on peut tenir. J'ai cette assurance que Dieu m'aime qu'il a un plan pour moi et pourtant cela n'empĂȘche pas de vivre des moments difficiles.
Parfois la vie sâĂ©croule comme un chĂąteau de carte, pas dans une seule catĂ©gorie mais dans toutes. On se retrouve seul, malade, sans finance et sans soutien. Jâai eu la chance dâavoir la prĂ©sence de ma famille, mais jâĂ©tais Ă©tonnĂ©e par le manque dâempathie et le jugement des gens, spĂ©cialement dans des endroits ou lâon sây attends le moins. Parfois on a lâimpression de perdre sur tous les tableaux, cette impression de ne plus avoir de place: je passe de cette super grande soeur aidante Ă des frĂšres et soeurs adultes qui ont chacun leur vie, une tata admirĂ©e et aimĂ©e Ă des neveux et niĂšces ados qui ont aussi leur vie, une communautĂ© fĂąchĂ© plus sur la mĂȘme longueur dâondes, un cercle dâamis absent, une entreprise qui coule, une santĂ© au ras des pĂąquerettes et jâen passe. Finalement quand on a plus de vis Ă vis, on nâest plus « jolie », plus utile pour la sociĂ©tĂ©, trop malade, trop Ă lâĂ©cart, seule⊠Qui sommes-nous?
Alors viens le moment oĂč la personne qui raconte son rĂ©cit apporte la solution quâelle a appris durant ces moments de difficultĂ©s, « la grande rĂ©vĂ©lation », lâaide quâelle a obtenue de quelquâun ou quelque chose et vous vends son livre et sa formation pour vous aider Ă faire pareil⊠Bon se nâest pas du tout mon cas ;)
Jâavais dĂ©jĂ beaucoup dâempathie pour les personnes malades, jâarrivais totalement Ă me mettre Ă leur place, Jâavais dĂ©jĂ conscience que la vie nâest pas un long fleuve tranquille, je savais que les rĂ©seaux ça dure un temps puis tu es de lâhistoire ancienne, je savais aussi que câest trĂšs dure de vivre dâune boutique en ligne artisanale⊠Donc non cette pĂ©riode ne mâa pas fait grandir, assagi ni mĂȘme aigri (ou peut ĂȘtre pendant un moment).
Pas de grandes rĂ©vĂ©lations durant mes tourments, pas de belles oeuvres dâart (Ă mon grand regret).
Mais finalement,
une forme de lĂącher prise:
Non je nâai pas eu un prince charmant, un super pasteur/leader qui est apparu et qui mâa aidĂ©e, et câest ok.
Non je nâai pas eu une rĂ©vĂ©lation divine qui mâa fait mâapprocher de Dieu, il est restĂ© silencieux tout en Ă©tant lĂ et ma relation est la mĂȘme et câest ok.
Non je nâai eu une Ă©glise avec une communautĂ© incroyable qui mâa soutenue et encouragĂ©e (bien au contraire) et câest ok.
Non je ne suis plus cette super grande soeur et cette super tata aimĂ©e et utile et câest ok.
Non je nâai pas des millions dâabonnĂ©s , les rĂ©seaux ça va ça vient avec de tout comme public et câest totalement ok.
Non je ne gagne pas de salaire, ni de grands chiffres dâaffaires (bien au contraire) avec mon entreprise et câest ok.
Non je nâai pas une santĂ© au top, ni un physique au top et câest totalement ok.
Les choses de la vie ne sont pas une punition ou une bĂ©nĂ©diction, tu nâest pas malade car tu lâas mĂ©ritĂ©, tu nâes pas couronnĂ© de succĂšs car tu le mĂ©rite, câest bien plus complexe que cela. Certaines choses sont bien-sĂ»r le rĂ©sultat de nos actions, et lâon rĂ©colte parfois ce que lâon sĂšme. Il est important de se remettre en question et de vouloir s'amĂ©liorer mais les difficultĂ©s de la vie et mĂȘme ce qui nous arrive en gĂ©nĂ©ral nâest pas toujours le reflet de qui lâon est et ce que lâon fait. (que penser de lâhistoire de Job, des chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s, des personnes vivant Ă diffĂ©rents seuil de richesses, dâenfants maladesâŠ)
Alors quoiquâil nous arrive, finalement, comme le dit lâadage: apprenons Ă danser sous la pluie. Câest pour cela que jâaime tellement vous partager mon quotidien slow et crĂ©atif. Cela peut paraitre futile de loin mais finalement pour moi câest le coeur de tout. Le contentement et la paix dans son quotidien.
Aujourdâhui, dans un monde qui bouge, qui fait peur, on a besoin de revenir lâessentiel. A lâair de lâIA faisons des choses avec nos mains, Ă lâair des rĂ©seaux et internet revenons Ă des livres, des magazines, des articles de blogs, trouvons la paix dans nos foyers par de petites choses simples et quotidiennes. Et avoir le courage de continuer, de se rĂ©inventer, de tester, changer de route, de vivre tout simplement.
Alors oui parfois je me sens petite et inutile dans ma vie mais je me rappelle que Dieu mâa créé telle que je suis, que ma valeur ne dĂ©pends pas de comment les autres me voit , et quâil a un plan pour ma vie, parfois on ne le voit pas, on ne comprends pas, et câest ⊠ok. Il faut faire confiance et garder la foi, mĂȘme si tout le monde te juge et te dĂ©courage, ta foi nâest pas dans les gens de ton Ă©glise ou sur internet, mais en Dieu seul. Et cela est pareil pour toi. Peut-ĂȘtre tu cherche depuis un moment du rĂ©confort et un tĂ©moignage pour te sentir vu et compris, alors jâespĂšre que ces mots tâaurons encouragĂ©s. Jâai longtemps cherchĂ© des vidĂ©os ou des articles pour me sentir comprise lors de mes problĂšmes mais il nây avait que des solutions miracles, des rĂ©vĂ©lations subjectives et des choses que je savaient dĂ©jĂ . Personne ne parle d'Ă quel point la guĂ©rison est longue, Ă quel point il nâa pas de rĂ©vĂ©lations et de solutions miracles parfois, mais simplement garder la foi tous les jours, essayer tous les jours un petit peu et surtout arrĂȘter de se culpabiliser, de se prendre la tĂȘte et penser que jamais plus ça nâira bien. Rappelle toi, câest ok. Tu nâes pas seul, la vie câest traverser tout pleins de paysages diffĂ©rents, et essayer de trouver des petits bonheurs dans le quotidien: romaniser sa vie, faire des choses crĂ©atives des choses qui font du bien Ă lâĂąme.
Tu nâas pas besoin dâavoir une famille qui tâaimes avec pleins dâenfants, un business Ă 6 chiffres, des abonnĂ©es Ă nâen plus finir, un physique de star... pour avoir de la valeur. Tu as de la valeur juste parce que tu es toi et Dieu tâas crĂ©e comme tel.
Jâai lâimpression dâĂȘtre un papillon, aprĂšs ma vie de chenille jâai Ă©tĂ© dans une chrysalide, câĂ©tait long et câĂ©tait noir, je voulais quâil en ressorte de belles choses de cette pĂ©riode (de belles oeuvres dâart, un bon livre, un super physique), que cette pĂ©riode longue et noir ai au moins servie a quelque chose. Mais finalement câest dans mon coeur que le papillon câest formĂ© et ça, je le garde pour la vie.
Andréa <3

Bonjour j'ai dĂ©couvert ton article mĂ©tamorphose , j'aime beaucoup ce que tu fais, moi mĂȘme je me consacre Ă 100 % dans ma crĂ©ativitĂ© je suis trĂšs anxieuse et cela m'apaise, dit moi quelle maladie as tu si c'est pas indiscret ? BĂ©atrice
Bonjour Andréa,
Ton article m'a touchĂ©e en plein cĆur, je suis dans le noir... En pleine errance mĂ©dical, j'ai des douleurs dont on ne trouve pas la cause cette douleur est devenue chronique...je me sentais comme punie par Dieu tout en luttant contre cette idĂ©e car il est amour, une vraie dualitĂ© dans mon cĆur... que tes mots on un peu apaiser aujourd'hui...
Je trouve que tu dégages une telle force dans ta "fragilité".
Tu m'inspire...alors je vais essayer de faire un pas Ă la fois...un jour Ă la fois.
Je te souhaite d'ĂȘtre heureuse trĂšs longtemps...
Merci AndrĂ©a â€ïžâđ©čđž
AndrĂ©a, que de vĂ©ritĂ© et de sensibilitĂ© dans ton article. Je te rejoins totalement dans ce que tu Ă©cris. Il a fallu, de mon cĂŽtĂ© qu'une maison s'effondre sous une catastrophe naturelle, un burn out, une maladie chronique, un Ă©loignement des miens, pour que je creuse de plus en plus le sens de ma vie. Et comme tu le dis si bien, si je n'avais pas eu Dieu, je ne sais pas comment j'aurai fait. Un moine a dit "La foi, ce n'est pas croire que Dieu existe, c'est croire que tu existes pour Dieu". Je crois qu'il sait ĂȘtre lĂ non pas Ă cause de nos fragilitĂ©s, mais Ă travers nos fragilitĂ©s. Ta mĂ©taphore sur le papillon est magnifiqueâŠ